3o6
DE L’ ESPRIT DES LOIS,
Julien, qui ne les redoutèrent jamais, en rétabli-rent la plantation.
Je sais bien que, dans la foiblesse de l’empire,les barbares obligèrent les Romains d’établir desétapes a et de commercer avec eux. Mais celamême prouve que l’esprit des Romains étoit dene pas commercer.
CHAPITRE XVI.
Du commerce des l Romains avec l'Arabie et lesIndes.
Le négoce de l’Arabie heureuse et celui des In-des furent les deux branches et presque les seulesdu commerce extérieur. Les Arabes avoient degrandes richesses; ils les tiraient de leurs merset de leurs forêts; et, comme ils achetoient peuet vendoient beaucoup, ils attiraient b à eux l’oret l’argent de leurs voisins. Auguste c connutleur opulence, et il résolut de les avoir pouramis ou pour ennemis. Il fit passer Elius Gallusd’Egypte en Arabie. Celui-ci trouva des peuplesoisifs, tranquilles et peu aguerris; il donna desbatailles, fit des sièges, et ne perdit que septsoldats; mais la perfidie de ses guides, les mar-ches, le climat, la faim, la soif, les maladies,
a Voyez les Considérations sur les causes de la grandeurdes Romains.
b Pline, liv. VII, cliap. XXVIII; et Strabon, liv. XVI.
c Ibid.