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Tome second.
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324 de lesprit des lois,

Mais (ce quon n'auroit jamais soupçonné) lamisère la fit échouer presque par-tout. PhilippeII, qui succéda à Charles-Quint, lut obligé defaire la célèbre banqueroute que tout le mondesait; et il ny a guère jamais eu de prince qui aitplus souffert que lui des murmures , de linso-lence et de la révolte de ses troupes toujours malpayées.

Depuis ce temps, la monarchie dEspagnedéclina sans cesse. Cest quil y avoit un viceintérieur et physique dans la nature de ses ri-chesses qui les rendoit vaines ; et ce vice augmentatous les jours.

Lor et largent sont une richesse de fictionou de signe : ces signes sont très - durables et sedétruisent peu, comme il convient à leur na-ture. Plus ils se multiplient, plus ils perdentde leur prix, parce quils représentent moinsde choses.

Lors de la conquête du Mexique et du Pé-rou , les Espagnols abandonnèrent les richessesnaturelles, pour avoir des richesses de signe quisavilissoient par elles-mêmes. Lor et largentétoient très-rares en Europe; et lEspagne, maî-tresse tout-à-coup dune très-grande quantitéde ces métaux, conçut des espérances quelle na-voit jamais eues. Les richesses que lon trouvadans les pays conquis nétoient pourtant pas pro-portionnées à celles de leurs mines. Les Indiensen cachèrent une partie; et de plus, ces peujâles*