Band 
Tome quatrième.
Seite
74
JPEG-Download
 

74

DEFENSE

lessor? ils vous arrêtent par la manche. A-t-onde la force et de la vie? on vous lôte à coups dé-pingle. Vous élevez-vous un peu ? voilà des gensqui prennent leur pied ou leur toise, lèvent latête, et vous crient de descendre pour vous me-surer. Courez-vous dans votre carrière? ils vou-dront que vous regardiez toutes les pierres queles fourmis ont mises sur votre chemin : il ny ani science ni littérature qui puisse résister à cepédantisme. Notre siècle a formé des académies;on voudra nous faire rentrer dans les écoles dessiècles ténébreux. Descartes est bien propre à ras-surer ceux qui, avec un génie infiniment moindreque le sien , ont daussi bonnes intentions que lui.Ce grand homme fut sans cesse accusé dathéis-me ; et lon nemploie pas aujourdhui contre lesathées de plus forts arguments que les siens.

Du reste nous ne devons regarder les criti-ques comme personnelles que dans les casceux qui les font ont voulu les rendre telles. Ilest très-permis de critiquer les ouvrages qui ontété donnés au public, parce quil seroit ridiculeque ceux qui ont voulu éclairer les autres, ne vou-lussent pas être éclairés eux - mêmes. Ceux quinous avertissent sont les compagnons de nos tra-vaux. Si le critique et lauteur cherchent la vé-rité, ils ont le mên\e intérêt; car la vérité est lebien de tous les hommes : ils seront des confédé-rés, et non pas des ennemis.