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Tome cinquième.
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LETTRES

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Ils aimoient leurs femmes et ils en étoient tendre-ment chéris. Toute leur attention étoit d’éleverleurs enfants à la vertu. Ils leur représentoientsans cesse les malheurs de leurs compatriotes, etleur mettoient devant les yeux cet exemple sitriste: ils leur faisoient sur-tout sentir que l’in-térêt des particuliers se trouve toujours dans l’in-térêt commun ; que vouloir s’en séparer c’estvouloir se perdre; que la vertu n’est point unechose qui doive nous coûter : qu’il ne faut pointla regarder comme un exercice pénible; et que lajustice pour autrui est une charité pour nous.

Ils eurent bientôt la consolation des pères ver-tueux, qui est d’avoir des enfants qui leur res-semblent. Le jeune peuple qui s’éleva sous leursyeux s’accrut par d’heureux mariages: le nombreaugmenta, l’union fut toujours la même; et lavertu, bien loin de s’affoiblir dans la multitude,fut fortifiée au contraire par un plus grand nombred’exemples.

■Qui pourroit représenter ici le bonheur de cesTroglodytes? Un peuple si juste devoit être chérides dieux. Dès qu’il ouvrit les yeux pour lesconnoître, il apprit à les craindre, et la religionvint adoucir dans les moeurs ce que la nature yavoit laissé de trop rude.

Us instituèrent des fêtes en l’honneur des dieux.Les jeunes filles, ornées de fleurs, et les jeunesgarçons, les célèbroient par leurs danses et par lesaccords d’une musique champêtre: on faisoit en-suite des festins .où la joie ne régnoit pas moins