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LETTRES
charmes et de ces grâces ; et j’étois enivré des plusgrandes laveurs sans avoir obtenu les moindres.
Si vous aviez été élevée dans ce pays-ci, vousn’auriez pas été si troublée. Les femmes y ontperdu toute retenue : elles se présentent devantles hommes à visage découvert, comme si ellesvouloient demander leur défaite; elles les cher-chent de leurs regards; elles les voient dans lesmosquées, les promenades, et chez elles rqême;.l'usage de se faire servir par des eunuques leurest inconnu. Au lieu de cette noble simplicitéet de cette aimable pudeur qui règne parmi vous,on voit une impudence brutale , à laquelle il estimpossible de s’accoutumer.
Oui, Roxane , si vous étiez ici, vous vous sen-tiriez outragée dans l’affreuse ignominie où votresexe est descendu ; vous fuiriez ces abominableslieux, et vous soupireriez pour cette douce re-traite oxi vous trouvez l’innocence, où vous êtessxxre de vous-même, où nul péril ne vous faittrembler, où enfin vous pouvez m’aimer sanscraindre de perdre jamais l’amour que vous medevez.
Quand vous relevez l’éclat de votre teint par lesplus belles couleurs ; quand vous vous parfumeztout le corps des essences les plus précieuses ;quand vous vous parez de vos beaux habits; quand,vous cherchez à vous distinguer de vos compa-gnes par les grâces de la danse et par la douceurde votre chant, que vous combattez gracieusementavec elles de charmes, de douceur et d’enjouement;