PERSANES.
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Tant d’honneurs ne laissent pas d etre à char-ge : je ne me croyois pas un homme si curieuxet si rare; et, quoique j’aie très-bonne opinionde moi, je ne me serois jamais imaginé que jedusse troubler le repos d’une grande ville où jenetois point connu. Cela me ht résoudre à quit-ter l’habit persan, et à en endosser un à l’euro-péenne, pour voir s’il resteroit encore dans maphysionomie quelque chose d’admirable. Cet essaime ht connoître ce que je valois réellement. Li-bre de tous ornements étrangers, je me vis ap-précié au plus juste. J’eus sujet de me plaindrede mon tailleur, qui m’avoit fait perdre en uninstant l’attention et l’estime publique; car j’en-trai tout-à-coup dans un néant affreux. Je de-meurois quelquefois une heure dans une compa-gnie sans qu’on m’eût regardé, et qu’011 m’eûtmis en occasion d’ouvrir la bouche : mais si quel-qu’un, par hasard, apprenoit à la compagnie quej’étois Persan , j’entendois aussitôt autour de moiun bourdonnement : Ah ! ah ! monsieur est Per-san ! C’est une chose bien extraordinaire ! Com-ment peut-011 être Persan !
De Paris, le 6 de la Innéée Ghalval 171s.
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