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LETTRES
•arrêté un moment au fauxbourg S.-Germain, oùj’ai loué un hôtel deux mille écus; et j’espèrepasser le contrat aujourd’hui.
Dès que je fus habillé, ou peu s’en falloit,mon homme me fit précipitamment descendre.Commençons, dit-il, par acheter un carrosse, etétablissons l’équipage. En effet nous achetâmesnon seulement un carrosse, mais encore pour centmille francs de marchandises, en moins d’une heure:toutcelase fit promptement, parce que mon hom-me ne marchanda rien et ne compta jamais; aussine déplaça-t-il pas. Je revois sur tout ceci ; et,quand j’examinois cet homme, je trouvois enlui une complication singulière de richesses et depauvreté; de manière que je ne savois que croire.Mais enfin je rompis le silence ; et, le tirant àpart, je lui dis: Monsieur, qui est-ce qui paieratout cela? Moi, dit-il: venez dans ma chambre;je vous montrerai des trésors immenses, et desrichesses enviées des plus grands monarques : maiselles ne le seront pas de vous, qui les partagereztoujours avec moi. Je le suis. Nous grimpons àson cinquième étage; et, par une échelle, nousnous guindons à un sixième, qui étoit un cabinetouvert aux quatre vents, dans lequel il n’y avoitque deux ou trois douzaines de bassins de terreremplis de diverses liqueurs. Je me suis levé degrand matin , me dit-il, et j’ai fait d’abord ce queje fais depuis vingt-cinq ans, qui est d’aller visi-ter mon oeuvre : j’ai vu que le grand jour étoitvenu qui devoit me rendre plus riche qu'homme