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Tome cinquième.
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PERSANES.

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porte au rang des honnêtes gens, sans examen,quoiqu’il n’y ait personne qui ne sache qu’en ju-geant ainsi il s’est trompé très-souvent: mais onest convenu d’être incorrigible.

Les femmes y sont sur-tout très-adonnées. Ilest vrai qu elles ne s'y livrent guère dans leur jeu-nesse que pour favoriser une passion plus chère;mais, à mesure qu’elles vieillissent, leur passionpour le jeu semble rajeunir, et cette passion remplittout le vuide des autres.

Elles veulent ruiner leurs maris; et, pour yparvenir , elles ont des moyens pour tous les âges,depuis la plus tendre jeunesse jusqu’à la vieillessela plus décrépite: les habits et les équipages com-mencent le dérangement, la coquetterie l’augmente,le jeu l’achève.

J’ai vu souvent neuf ou dix femmes, ou plutôtneuf ou dix siècles, rangées autour d’une table ;je les ai vues dans leurs espérances , dans leurscraintes, dans leurs joies, sur-tout dans leursfureurs: tu aurois dit qu’elles n’auroient jamais letemps de s’appiaiser, et que la vie alloit les quitteravant leur désespoir: tu aurois été en doute si ceuxqu’elles payoient étoient leurs créanciers ou leurslégataires.

Il semble que notre saint prophète ait eu prin-cipalement en vue de nous priver de tout ce quipeut troubler notre raison: il nous a interdit l’usa-ge du vin, qui la tient ensevelie; il nous a, parun précepte exprès, défendu les jeux de hasard;et quand il lui a été impossible d’ôter la cause des