PERSANES.
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LETTRE LVIII.
Rica a Rhédi.
A Venise.
.A. Paris , mon cher Rhédi, il y a bien des mé-tiers. Là un homme obligeant vient, pour un peud’argent, vous offrir le secret de faire de l’or.
Un autre vous promet de vous faire coucheravec les esprits aériens , pourvu que vous soyezseulement trente ans sans voir de femme.
Vous trouverez encore des devins si habiles, qu’ilsvous diront toute votre vie , pourvu qu’ils aientseulement eu un quart d’heure de conversationavec vos domestiques.
Des femmes adroites font de la virginité unefleur qui périt et renaît tous les jours, et se cueillela centième fois plus douloureusement que la première.
Il y en a d’autres qui , réparant par la force deleur art toutes les injures du temps, savent ré-tablir sur un visage une beauté qui chancelle , etmême rappeler une femme du sommet de la vieil-lesse, pour la faire redescendre jusqu’à la jeunessela plus tendre.
Tous ces gens-là vivent ou cherchent à vivre,dans une ville qui est la mère de l’invention.
Les revenus des citoyens ne s’y afferment point;ils ne consistent qu’en esprit et en industrie : cha-cun a la sienne, qu’il fait valoir de son mieux.