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Tome cinquième.
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LETTRES

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qui, selon le succès , les poussent ou les abandon-nent, réussissent bien mieux.

Ce n’est pas tout: cet état si heureux et si tran-quille, que l’on vante tant, nous ne le conser-vons pas dans le monde. Dès que nous y pa-raissons, on nous fait disputer ; on nous fait en-treprendre, par exemple, de prouver l’utilité dela prière à un homme qui ne croit pas en Dieu;la nécessité du jeûne à un autre qui a nié toutesa Ÿie l’immortalité de lame: l’entreprise est labo-rieuse, et les rieurs ne sont pas pour nous. Il ya plus: une certaine envie d’attirer les autres dansnos opinions nous tourmente sans cesse, et est, pourainsi dire, attachée à notre profession. Cela estaussi ridicule que si on voyoit les Européens tra-vailler, en faveur de la nature humaine, à blan-chir le visage des Africains. Nous troublons l’é-

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tat; nous nous tourmentons nous-rnêmes pour fairerecevoir des points de religion qui ne sont pointfondamentaux ; et nous ressemblons à ce conqué-rant de la Chine qui poussa ses sujets à une ré-volte générale, pour les avoir voulu obliger à serogner les cheveux ou les ongles.

Le zèle même que nous avons pour faire rem-plir à ceux dont nous sommes chargés les devoirsde notre sainte religion, est souvent dangereux, etil ne saurait être accompagné de trop de prudence.Un empereur nommé Théodose fit passer au filde l’épée tous les habitants d’une ville , même lesfemmes et les enfants: s’étant ensuite présenté pourentrer dans une église, un évêque nommé Ambroise

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