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gouvernement inflexible. .T’étudiai sous lui le coeurdes femmes: il m’apprit à profiter de leu rs foi-blesses, et à 11e point m’étonner de leur hauteur.Souvent il se plaisoit à me les voir conduire jus-qu’au dernier retranchement de l’obéissance ; il lesfaisoit ensuite revenir insensiblement, et vouloitque je parusse pour quelque temps plier moi-même.Ma is il falloit le voir dans ces moments où il lestrouvoit tout près du désespoir, entre les prièreset les reproches: il soutenoit leurs larmes sanss’émouvoir, et se sentoit flatté de cette espèce detriomphe. Voilà, disoit-il d’un air content, com-ment il faut gouverner les femmes : leur nombrene m’embarrasse pas 5 je conduirois de même tou-tes celles de notre grand monarque. Commentun homme peut-il espérer de captiver leur coeur,si ses fidèles eunuques n’ont commencé par sou-mettre leur esprit?
Il avoit non seulement de la fermeté , maisaussi de la pénétration. Il lisoit leurs pensées etleurs dissimulations: leurs gestes étudiés, leur vi-sage feint, ne lui déroboient rien. Il savoit toutesleurs actions les plus cachées et leurs paroles lesplus secrètes. Il se servoit des unes pour connoîtreles autres, et il se plaisoit à récompenser la moindreconfidence. Comme elles n’abordoient leur marique lorsqu’elles étoient averties, l’eunuque y appe-loit qui il vouloit, et tournoit les yeux de sonmaître sur celles qu’il avoit en vue ; et cette dis-tinction étoit la récompense de quelque secret ré-vélé. Il avoit persuadé à son maître qu’il étoit di