LETTRES
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unir encore. Enfin un prêtre vint calmer notreimpatience amoureuse: il fit dans la maison dupaysan toutes les cérémonies du mariage; il nousbénit, et nous souhaita mille fois toute la vigueur
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de Gustaspe et la sainteté de l’Hohoraspe. Bientôtaprès, nous quittâmes la Perse, où nous n’étionspas en sûreté , et nous nous retirâmes eu Géorgie.Nous y vécûmes un an, tous les jours plus char-més l’un de l’autre. Mais comme mon argentalloit finir, et que je craignois la misère pour masoeur, non pas pour moi, je la quittai pour allerchercher quelque secours chez nos parents. Ja-mais adieu ne fut plus tendre. Mais mon voyageme fut non seulement inutile, mais funeste; car,ayant trouvé d’un côté tous nos biens confiqués,de l’autre mes parents presque dans l’impuissancede me secourir, je ne rapportai d’argent précisé-ment que ce qu’il falloir pour mon retour. Maisquel fut mon désespoir! je ne trouvai plus masoeur. Quelques jours avant mon arrivée, desTartares avoient fait une incursion dans la villeoù elle.étoit; et, comme ils la trouvèrent belle, ilsla prirent et la vendirent à des Juifs qui alloienten Turquie, et ne laissèrent qu’une petite fille dontelle étoit accouchée quelques mois auparavant. Jesuivis ces Juifs, et les joignis à trois lieues de là:mes prières, mes larmes furent vaines; ils me de-mandèrent toujours trente tomans, et ne se relâ-chèrent jamais d’un seul. Après m’être adressé àtout le monde, avoir imploré la protection desprêtres turcs et chrétiens , je m’adressai à un