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accompagnée de son eunuque, et couverte, selonla coutume, depuis la tête jusqu’aux pieds. Mais,dès qu’elle fut arrivée devant la maison de sonmari prétendu, il lui fit fermer la porte, et iljura qu’il ne la recevrait jamais si on n’augmen-toit la dot. Les parents accoururent de côté etd’autre pour accommoder l’affaire ; et, après biende la résistance, Soliman convint de faire un petitprésent à son gendre. Les cérémonies du mariages’accomplirent, et l’on conduisit la fille dans le litavec assez de violence: mais, une heure après,cet étourdi se leva furieux , lui coupa le visage enplusieurs endroits , soutenant qu’elle n’étoit pas-vierge , et la renvoya à son père. On ne peut pasêtre plus frappé qu’il l'est de cette injure. Il y ades personnes qui soutiennent que cette fille estinnocente. Les pères sont bien malheureux d'êtreexposés à de tels affronts ! Si ma fille recevoit unpareil traitement, je crois que j’en mourrais dedouleur. Adieu.
Du serrait de Fatmé, le 9 de la lunede Gemmadi, 1, 1714.
LETTRE L X X I.
USBEK A Z ÉLIS.
Je plains Soliman, d’autant plus que le mal estsans remède , et que son gendre n’a fait que seservir de la liberté de la loi. Je trouve cette loibien dure, d’exposer ainsi l’honneur d’une famille