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Tome cinquième.
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LETTRES

chose qu*il ne feroit pas lui-même, peut-êtrepour l’empire du monde.

De Paris, le î6 de la lunede Gemmadi, i, 1715.

LETTRE LXXXVI.

Rica a * * *.

*

II, semble ici que les familles se gouvernent toutesseules. Le mari n’a qu’une ombre d’autorité sursa femme, le père sur ses enfants , le maître surses esclaves. La justice se mêle de tous leurs dif-férends; et sois sûr qu’elle est toujours contre lemari jaloux, le père chagrin, le maître incom-mode.

J’allai l’autre jour dans le lieu où se rend lajustice. Avant d’y arriver , il faut passer sous lesarmes d’un nombre infini de jeunes marchandesqui vous appellent d’une voix trompeuse. Cespectacle d’abord est assez riant; mais il devientlugubre lorsqu’on entre dans des grandes salles, oùl’on ne voit que des gens dont l’habit est encoreplus grave que la figure. Enfin on entre dans lelieu sacré où se révèlent tous les secrets des fa-milles, et où les actions les plus cachées sontmisses au grand jour.

Là, une fille modeste vient avouer les tour-ments d’une virginité trop long-temps gardée, sescombats, et sa douloureuse résistance : elle est si