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Tome cinquième.
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LETTRES

faire de pins grand honneur qne de la contracter.Il n’y a rien parmi les hommes cpii leur soit plusglorieux, et meme plus utile, que d’en voir d’autrestoujours attentifs à leur conservation.

Mais, pour que l’alliance nous lie, il faut qu’ellesoit juste: ainsi une alliance faite”entre deux nationspour en opprimer une troisième n’est pas légitime,et on peut la violer sans crime.

Il n’est pas meme de l’honneur et de la dignitédu prince de s’allier avec un tyran. On dit qu’unmonarque d’Lgypte fit avertir le roi de Samos desa cruauté et de sa tyrannie, et le somma de s’encorriger: comme il ne le ht pas, il lui envoya direqu’il renonçoit à son amitié et à son alliance.

La conquête ne donne point un droit par elle-même. Lorsque le peuple subsiste, elle est ungage de la paix et de la réparation du tort; et,si le peuple est détruit ou dispersé, elle est lemonument d’une tyrannie.

Les traités de paix sont si sacrés parmi leshommes, qu’il semble qu’ils soient la voix de lanature qui réclame ses droits. Ils sont tous légi-times, lorsque les. conditions en sont telles que lesdeux peuples peuvent se conserver: sans quoi, celledes deux sociétés qui doit périr, privée de sa dé-fense naturelle par la paix, la peut chercher dansla guerre.

Car la nature , qui a établi les différents degrésde force et de foi blesse parmi les hommes, a en-core souvent égalé la foiblesse à la force par ledésespoir.