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Tome cinquième.
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LETTRES

Ql8

hautes et sublimes, s’il y avoit mêlé des figureshardies et des allégories mystérieuses , il auroitfait un bel ouvrage qui n’auroit cédé qu’au saintAlcoran.

Cependant, s’il te faut dire ce que je pense,je ne m’accommode guère du style figuré. Ily a dans notre Alcoran un grand nombre de pe-tites choses qui me paroissent toujours telles, quoi-qu’elles soient relevées par la force et la vie del’expression. Il semble d’abord que les livresinspirés ne sont que les idées divines rendues enlangage humain : au contraire, dans notre Alcoran,on trouve souvent le langage de Dieu et les idéesdes hommes; comme si, par un admirable caprice,Dieu y avoit dicté les paroles, et que l’hommeeût fourni les pensées.

Tu diras peut-être que je parle trop librementde ce qu’il y a déplus saint parmi nous ; tu croirasque c’est le fruit de l’indépendance où l’on vitdans ce pays. Non : grâces au ciel , l’esprit n’apas corrompu le coeur; et, tandis que je vivrai,Hali sera mon prophète.

De Paris, le 15 île la limede Chaliban 1716.

LETTRE XCVIII.

USBEK A IBBEN.

A Smyrne.

Il n’y a point de pays au monde où la fortunesoit si inconstante que dans celui-ci. Il arrive