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Tome cinquième.
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P E il § A N E S.

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de tels: ail moins est-il difficile qu’ils aient sub-sisté long-temps clans leur pureté. C’est un étatviolent qui dégénère toujours en despotisme ouen république. La puissance ne peut jamais êtreégalement partagée entre le peuple et le prince ;l'équilibre est trop difficile à garder : il faut quele pouvoir diminue d’un côté, pendant qu’il aug-mente de l’autre; mais l’avantage est ordinaire-ment du côté du prince, qui est à la tête desarmées.

Aussi le pouvoir des rois d’Europe est-il biengrand, et on peut dire qu’ils l’ont tel qu’ils leveulent: mais ils ne l’exercent point avec tantd’étendue que nos sultans; premièrement, parcequ’ils ne veulent point choquer les moeurs et lareligion des peuples; secondement, parce qu’iln’est pas de leur intérêt de le porter si loin.

Rien ne rapproche plus nos princes de la con-dition de leurs sujets que cet immense pouvoirqu’ils exercent sur eux ; rien ne les soumet plusaux revers et aux caprices de la fortune.

L’usage où ils sont de faire mourir tous ceuxqui leur déplaisent, au moindre signe qu’ils font,renverse la proportion qui doit être entre les fauteset les peines, qui est comme l’ame des états et l’har-monie des empires ; et cette proportion, scrupuleu-sement gardée par les princes chrétiens, leur donneun avantage infini sur nos sultans.

Un Persan qui, par imprudence ou par mal-heur, s’est attiré la disgrâce du prince, est sûrde mourir: la moindre faute, ou le moindre caprice,