PERSANES.
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LETTRE CXX.
USBEK AU MÊME.
T v f,, s pays habités par les sauvages sont ordinaire-ment peu peuplés , par l’éloignement qu’ils ontpresque tous pour le travail et la culture de laterre. Cette malheureuse aversion est si forte ,que, lorsqu’ils font quelque imprécation contrequelqu’un de leurs ennemis, ils ne lui souhaitentautre chose que d'être réduit à labourer un champ,croyant qu’il n’y a que la chasse et la pêche quisoient un exercice noble et digne d’eux.
Mais, comme il y a souvent des années où lachasse et la pêche rendent très-peu, ils sont dé-solés par des famines fréquentes : sans compterqu’il n’y a pas de pays si abondant en gibier eten poisson, qu’il puisse donner la subsistance à ungrand peuple, parce que les animaux fuient tou-jours les endroits trop habités.
D’ailleurs les bourgades de sauvages, au nombrede deux ou trois cents habitants , détachées lesunes des autres, ayant des intérêts aussi séparésque ceux de deux empires , ne peuvent pas sesoutenir, parce qu’elles n’ont pas la ressource desgrands états, dont toutes les parties se répondentet se secourent mutuellement.
Il y a chez les sauvages une autre coutumequi n’est pas moins pernicieuse que la première;«’est la cruelle habitude où sont les femmes de s«