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LETTRES
comme dans les pays soumis aux mahométans, onabolit tant qu’on peut cette cruelle coutume, illa refusa absolument. 1
Lorsqu’elle vit ses prières impuissantes, elle sejeta dans un furieux emportement. Voyez, disoit-elle, comme on est gêné! Il ne sera seulementpas permis à une pauvre femme de se brûler quandelle en a envie! A t-on jamais vu rien de pareil?Ma mère, ma tante, mes soeurs, se sont bienbrûlées ! Et, quand je vais demander permissionà ce maudit gouverneur, il se fâche, et se metà crier comme un enragé.
Il se trouva là par hasard un jeune bonze.Homme infidèle, lui dit le gouverneur, est-cetoi qui as mis cette fureur dans l’esprit de cettefemme? Non, dit-il, je ne lui ai jamais parlé:mais, si elle m’en croit, elle consommera son sa-crifice ; elle fera une action agréable au dieu Brama :aussi en sera-t-elle bien récompensée; car elleretrouvera dans l’autre monde son mari, et ellerecommencera avec lui un second mariage. Quedites-vous? dit la femme surprise. Je retrouveraimon mari? Ah! je ne me brûle pas. Il étoit ja-loux, chagrin, et d’ailleurs si vieux, que, si ledieu Brama n’a point fait sur lui quelque réforme,sûrement il n’a pas besoin de moi. Me brûlerpour lui! . . . pas seulement le bout du doigt pourle retirer du fond des enfers. Deux vieux bonzesqui me séduisoient, et qui savoient de quelle ma-nière je vivoisavec lui, n’a voient garde de me toutdire: mais si le dieu Brama n’a que ce présent à