Band 
Tome cinquième.
Seite
287
JPEG-Download
 

PERSANES.

287

coin. Pour lui, il parut qu’il se trouvoit dans unlieu agréable, car il dérida un peu son visage,et se mit à rire, comme s’il n’avoitpas eu la moindreteinture de géométrie.

Cependant son esprit régulier toisoit tout cequi se disoit dans la conversation. Il ressembloità celui qui, dans un jardin, coupoit avec sonépée la tête des fleurs qui s’élevoient au-dessus desautres. Martyr de sa justesse, il étoit offensé d’unesaillie, comme une vue délicate est offensée parune lumière trop vive. Rien pour lui n’étoitindifférent, pourvu qu’il fût vrai. Aussi sa conver-sation étoit-elle singulière. Il étoit arrivé ce jour-là de la campagne avec un homme qui avoit vuun château superbe et des jardins magnifiques;et il n’avoit vu, lui, qu’un bâtiment de soixantepieds de long sur trente-cinq de large, et un bos-quet barlong de dix arpents : il auroit fort sou-haité que les règles de la perspective eussent ététellement observées, que les allées des avenueseussent paru par-tout de même largeur , et ilauroit donné pour cela une méthode infaillible.Il parut fort satisfait d’un cadran qu’il y avoitdémêlé , d’une structure fort singulière; et il s’é-chauffa fort contre un savant qui étoit auprès demoi , qui malheureusement lui demanda si cecadran marquoit les heures babyloniennes. Unnouvelliste parla du bombardement du châteaude Fontarabie ; et il nous donna soudain les pro-priétés de la ligne que les bombes avoient décriteen l’air ; et, charmé de savoir cela, il voulut en