PERSANES, 337
tous les purs, sont cachés en plus de vingt en-droits de mes habits.
Cependant je ne désapprouve point ceux quirejettent cette vertu que l’on attribue à de certai-nes paroles. Il nous est bien plus difficile de ré-pondre à leurs raisonnements qu’à eux de répondreà nos expériences.
Je porte tous ces chiffons sacrés par une longuehabitude, pour me conformer à une pratique uni-verselle: je crois que, s’ils n’ont pas plus de vertuque les bagues et les autres ornements dont on separe , ils n’en ont pas moins. Mais toi, tu metstoute ta confiance sur quelques lettres mystérieuses;et, sans cette sauve garde, tu serois dans un effroicontinuel.
Les hommes sont bien malheureux ! ils flottentsans cesse entre de fausses espérances et des craintesridicules; et, au lieu de s’appuyer sur la raison,ils se font des monstres qui les intimident, ou desfantômes qui les séduisent.
Quel effet veux-tu que produise l’arrangementde certaines lettres? quel effet veux-tu que leurdérangement puisse troubler? quelle relation ont-elles avec les vents, pour appaiser les tempêtes;avec la poudre à canon, pour en vaincre l’effort ;avec ce que les médecins appellent l’humeur pec-cante et la cause morbifique des maladies, pour lesguérir?
Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que ceuxqui fatiguent leur raison pour lui faire rapporterde certains événements à des vertus occultes, îa’ont5. Q2