DES ROMAINS, GHAP. III,
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tien réglée; cela faisoit aussi une bonne armée,chacun ayant un égal intérêt, et très-grand, àdéfendre sa patrie.
Quand les lois n’étoient plus rigidement obser-vées , les choses revenoient au point où elles sontà présent parmi nous ; l’avarice de quelques parti-culiers, et la prodigalité des autres, faisoient pas-ser les fonds de terre dans peu de mains; et d’abordles arts s’introduisoient pour les besoins mutuelsdes riches et des pauvres. Cela faisoit qu’il n’yavoit presque plus de citoyens ni de soldats; carles fonds de terre,, destinés auparavant à l’entretiende ces derniers, étoient employés à celui desesclaves et des artisans, instruments du luxe desnouveaux possesseurs: sans quoi l’état, qui, malgréson dérèglement, doit subsister, auroit péri. Avantla corruption, les revenus primitifs de letat étoientpartagés entre les soldats, c’est-à-dire les labou-reurs: lorsque la république étoit corrompue, ilspassoient d’abord à des hommes riches, qui lesrendoient aux esclaves et aux artisans ; d’où onen retirait, par le moyen des tributs, une paruepour l’entretien des soldats.
Or ces sortes de gens n’étoient guère propres àla guerre: ils étoient lâches, et déjà corrompus parle luxe des villes, et souvent par leur art même;outre que, comme ils n’avoient point proprementde patrie, et qu’ils jouissoient de leur industriepar-tout, il avoient peu à perdre ou à conserver,