Band 
Tome sixième.
Seite
33
JPEG-Download
 

DES ROMAINS, CHAP. Iir.

33

sans courage , ils entreprirent de rétablir les lois *à cet égard; et Lacédémone reprit sa premièrepuissance, et redevint formidable à tous les Grecs.

Ce fut le partage égal des terres qui renditRome capable de sortir dabord de son abaisse-ment; et cela se sentit bien, quand elle fut cor-rompue.

Elle étoit une petite république, lorsque lesLatins ayant refusé le secours de troupes qu'ilsétoient obligés de donner, on leva sur-le-champdix légions dans la ville b . A peine à présent, dit Tite-Live, Rome, que le monde entier ne peut contenir, en pourroit-elle faire autant, si un ennemi paroissoit tout-à-coup devant ses mu- railles; marque certaine que nous ne nous som- mes point agrandis, et que nous navons fait quaugmenter le luxe et les richesses qui nous travaillent.

Dites-moi, disoit Tibérius Gracchus aux nobles c , qui vaut mieux, un citoyen ou un esclave perpétuel; un soldat, ou un homme inutile à la guerre? Voulez-vous, pour avoir quelques arpents de terre plus que les autres citoyens, renoncer à lespérance de la conquête du reste du monde, ou vous mettre en danger

a Voyez Plutarque, Vies dAgis et de Cléomènes.

b Tite-Live, première décade, liv. VII, chàp. XXV. Ce futquelque temps après la prise de Rome, sous le consulat de L.Furius Camillus, et de Ap. Claudius Crassus.

e Appien, de la guerre civile , liv. I, chap. XI.

6 . 3