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Tome sixième.
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DES ROMAINS , CHAP. X.

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Il y a nn fait, dans les lettres de Cicéron* àAtticus a , qui nous montre combien les Romainsavoient changé à cet égard depuis le temps dePolybe.

„ Memmius , dit il, vient de communiquer„ au sénat l’accord que son compétiteur et lui„ avoient fait avec les consuls , par lequel ceux-„ ci s’étoient engagés de les favoriser dans la pour-„ suite du consulat pour l’année suivante; et eux,„ de leur côté, s’obligeoient de payer aux consuls„ quatre cent mille sesterces, s’ils ne leur fournis-,, soient trois augures qui déclareraient qu’ils„ étoient présents lorsque le peuple avoit fait la„ loi curiate b , quoi qu’il n’en eût point fait, et,, deux consulaires qui affirmeraient qu’ils avoient„ assisté à la signature du sénatus - consulte, qui„ régloit l’état de leurs provinces, quoiqu’il n’y„ en eût point eu Que de malhonnêtes gensdans un seul contrat!

Outre que la religion est toujours le meilleurgarant que l’on puisse avoir des moeurs des hommes,il y avoit ceci de particulier chez les Romains, qu’ilsmêloient quelque sentiment religieux à l’amour

„ fidèle à cause du serment que l’on a fait. On a donc sage-,, ment établi la crainte des enfers ; et c'est sans raison qu’on,, la combat aujourd’hui Polybe, lib. VI, chap. LVI.

a Liv. IV, lettre XVIII.

b La loi curiate donnolt la puissance militaire 5 et le séna-tus-consulte régloit les troupes, l’argent, les officiers que de-vait avoir le gouverneur: or les consuls, pour que tout celafût fait à leur fantaisie, vouloient fabriquer une fausse loi etun faux sénatus-consulte.