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POLITIQUE DES ROMAINS
extraordinaire contre l’impiété de Verrès. Onvoit un Clodius, qui avoit insolemment profanéles mystères de la bonne déesse , et dont l’impiétéavoit été marquée par vingt arrêts du sénat, fairelui-même une harangue remplie de zèle à ce sénatqui l’avoit foudroyé , contre le mépris des prati-ques anciennes et de la religion. On voit un Sal-luste, le plus corrompu de tous les citoyens,mettre à la tête de ses ouvrages une préface dignede la gravité et de l’austérité de Caton. Je n’auroisjamais fait si je voulois épuiser tous les exemples.
Quoique les magistrats ne donnassent pas dansla religion du peuple , il ne faut pas croire qu’ilsn’en eussent point. M. Cudworth a fort bienprouvé que ceux qui étoient éclairés parmi lespaïens adoroient une divinité suprême, dont lesdivinités du peuple n’étoient qu’une participation.Les païens, très-peu scrupuleux dans le culte,croyoient qu’il étoit indifférent d’adorer la divinitémême, ou les manifestations de la divinité ; d’a-dorer, par exemple, dans Vénus, la puissancepassive de la nature, ou la divinité suprême, entant qu’elle est susceptible de toute génération ;de rendre un culte au soleil ou à l’Etre suprême,en tant qu’il anime les plantes, et rend la terreféconde par sa chaleur. Ainsi le stoïcien Balbusdit, dans Cicéron a , ,, que Dieu participe par
* Dsus pertinent per naturam cujusque rei , per terras Ceres,per maria Neptunus, alii per alia, poterunt intclligi ; qui qualesquetint , quoque eos nomine ccnsuetuio nuncupaverit, h es àeoi et vent-rari et colere dshemus.