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POLITIQUE DES ROMAINS
„ dolove malo , qu'il prie Jupiter de le frapper„ comme il va frapper le cochon qu’il tenoit,, dans ses mains”; et aussitôt il l’abattit d’uncoup de caillou.
Avant de commencer la guerre, on envoyoitun de ces fécialiens faire ses plaintes au peuplecjui avoit porté quelque dommage à la république.Il lui donnoit un certain temps pour se consulteret pour chercher les moyens de rétablir la bonneintelligence. Mais si on négligeoit de faire l’ac-commodement , le fécialien s’en retournoit, etsortoit des terres de ce peuple injuste, après avoirinvoqué contre lui les dieux célestes et ceux desenfers : pour lors le sénat ordonnoit ce qu’ilcroyoit juste et pieux. Ainsi les guerres ne s’en-treprenoient jamais à la hâte, et elles ne pou-voient être qu’une suite d’une longue et mûredélibération.
La politique qui régnoit dans la religion desRomains se développa encore mieux dans leursvictoires. Si la superstition avoit été écoutée, onauroit porté chez les vaincus les dieux des vain-queurs ; on auroit renversé leurs temples ; et,en établissant un nouveau culte, on leur auroitimposé une servitude plus rude que la première.On fit mieux : Rome se soumit elle-même auxdivinités étrangères; elle les reçut dans son sein;et par ce lien , le plus fort qui soit parmi leshommes, elle s’attacha des peuples qui la regar-dèrent plutôt comtrue le sanctuaire de la religionque c om nie la maîtresse du monde.