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L Y S I M A £ U E.
Prexape, à qui je m’étois confié, m’apportacette réponse : „ Lysimaque, si les dieux ont,, résolu que vous régniez, Alexandre ne peut pas„ vous .ôter la vie; car les hommes ne résistent„ pas à la volonté des dieux. ”
Cette lettre m’encouragea; et, faisant réflexionque les hommes les plus heureux et les plus mal-heureux sont également environnés de la maindivine, je résolus de me conduire, non pas parmes espérances, mais par mon courage, et dedéfendre jusqu’à la fin une vie sur laquelle il yavoit de si grandes promesses.
On me mena dans la carrière. II y avoit autourde moi un peuple immense qui venoit être témoinde mon courage ou de ma frayeur. On me lâchaun lion. J’avois plié mon manteau autour de monbras: je lui présentai ce bras; il voulut le dévorer;je lui saisis la langue-, la lui arrachai, et le jetaià mes pieds.
Alexandre aimoit naturellement les actionscourageuses: il admira ma résolution; et ce mo-ment fut celui du retour de sa grande ame.
Il me fit appeler; et, me tendant la main : „ Ly-„ simaque, me dit-il, je te rends mon amitié,„ rends-moi la tienne. Ma colère n’a servi qu’à„ te faire faire une action qui manque à la vie„ d’Alexandre. ”
Je reçus les grâces du roi; j’adorai les décretsdes dieux , et j’attendois leurs promesses sans lesrechercher ni les fuir. Alexandre mourut , ettoutes les nations furent sans maîtrer Les fils du