DE B E R W I C K.
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qu’il étoit Français. Devenu Français du consen-tement de ses premiers maîtres, il suivit les ordresde Louis xiv, et ensuite ceux du régent de France.Il fallut faire taire son coeur, et suivre les grandsprincipes: il vit qu’il n’étoit plus à lui; il vit qu’iln’étoit plus question de se déterminer sur ce quiétoit le bien convenable, mais sur ce qui étoit lebien nécessaire: il sut qu’il seroit jugé, il méprisales jugemens injustes ; ni la faveur populaire ,ni la manière de penser de ceux qui pensent peu;ne le déterminèrent.
Les anciens qui ont traité des devoirs ne trou-vent pas que la grande difficulté soit de les con-noître , mais de choisir entre deux devoirs. Ilsuivit le devoir le plus fort, comme le destin. Cesont des matières qu’on ne traite jamais que lors-qu’on est obligé de les traiter, parce qu’il n’y arien dans le monde de plus respectable qu’unprince malheureux. Dépouillons la question : elleconsiste à savoir si le prince, même rétabli, auroitété en droit de le rappeler. Tout ce que l’onpeut dire de plus fort, c’est que la patrie n’aban-donne jamais: mais cela même n’étoit pas le cas;il étoit proscrit par sa patrie lorsqu’il se fit natura-liser. Grotius, Pufendorff, toutes les voix parlesquelles l’Europe a parlé, décidoient la question,et lui déclaroient qu’il étoit Français et soumis auxlois de la France. La France avoit mis pour lorsla paix pour fondement de son système politique.Quelle contradiction, si un pair du royaume, unmaréchal de France, un gouverneur de province,