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PENSEES
J’ai ouï dire au cardinal Imperiali : Il n’y apoint d’homme cjue la fortune ne vienne visiterune fois dans sa vie; mais lorsqu’elle ne le trouvepas prêt à la recevoir, elle entre par la porte,et sort par la fenêtre.
Les disproportions qu’il y a entre les hommessont bien minces pour être si vains: les uns ontla goutte, d'autres la pierre; les uns meurent,d’autres vont mourir; ils ont une même ame pen-dant l’éternité , et elles ne sont différentes quependant un quart d’heure, et c’est pendant quellessont jointes à un corps.
Le style enflé et emphatique est si bien le plusaisé, que, si vous voyez une nation sortir de labarbarie, vous verrez que son style donnera d’a-bord dans le sublime., et ensuite descendra aunaïf. La difficulté du naïf est que le bas le côtoie:mais il y a une différence immense du sublimeau naïf, et du sublime au galimatias.
Il y a bien peu de vanité à croire qu’on a be-soin des affaires pour avoir quelque mérite dansle monde, et de ne se juger plus rien lorsqu’onne peut plus se cacher sous le personnage d’hommepublic.
Les ouvrages qui ne sont point de génie ne prou-vent que la mémoire ou la patience de l’auteur.
Par-tout où je trouve l’envie, je me fais unplaisir de la désespérer; ; je loue toujours devantun envieux ceux qui le font pâlir.
L’héroïsme que la morale avoue ne toucheque peu de gens : c’est l’héroïsme qui détruit la