Band 
Tome septième.
Seite
274
JPEG-Download
 

274

PENSEES

Jai ouï dire au cardinal Imperiali : Il ny apoint dhomme cjue la fortune ne vienne visiterune fois dans sa vie; mais lorsquelle ne le trouvepas prêt à la recevoir, elle entre par la porte,et sort par la fenêtre.

Les disproportions quil y a entre les hommessont bien minces pour être si vains: les uns ontla goutte, d'autres la pierre; les uns meurent,dautres vont mourir; ils ont une même ame pen-dant léternité , et elles ne sont différentes quependant un quart dheure, et cest pendant quellessont jointes à un corps.

Le style enflé et emphatique est si bien le plusaisé, que, si vous voyez une nation sortir de labarbarie, vous verrez que son style donnera da-bord dans le sublime., et ensuite descendra aunaïf. La difficulté du naïf est que le bas le côtoie:mais il y a une différence immense du sublimeau naïf, et du sublime au galimatias.

Il y a bien peu de vanité à croire quon a be-soin des affaires pour avoir quelque mérite dansle monde, et de ne se juger plus rien lorsquonne peut plus se cacher sous le personnage dhommepublic.

Les ouvrages qui ne sont point de génie ne prou-vent que la mémoire ou la patience de lauteur.

Par-tout je trouve lenvie, je me fais unplaisir de la désespérer; ; je loue toujours devantun envieux ceux qui le font pâlir.

Lhéroïsme que la morale avoue ne toucheque peu de gens : cest lhéroïsme qui détruit la