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ANECDOTES.
I V.
Montesquieu étoit directeur de l’académiefrançaise en 1752, lorsque Piron se présenta poury être admis. Louis xv dit à l’auteur de l 'Espritdes /ois qu’il ne vouloit pas que Piron fût élu.Montesquieu écrivit à madame de Pompadour:
,, Piron est assez puni, madame, pour les„ mauvais vers qu’on dit qu’il a faits; d’un autre„ côté, il en a fait de très-bons. Il est aveugle,„ infirme, pauvre, marié, vieux. Le roi ne„ pourroit-il pas lui accorder quelque pension?„ il est beau de l’obtenir. C’est ainsi que vous„ employez le crédit que vos belles qualités vous„ donnent; et parce que vous êtes heureuse, vous„ voudriez qu’il n’y eût point de malheureux. Le„ feu roi exclut La Fontaine d’une place à l’aca-„ démie à cause de ses contes, et il la lui rendit„ six mois après à cause de ses fables. Agréez, je„ vous prie, madame, mon respect. ”
Montesquieu.
Piron eut une pension de mille livres , queMontesquieu fut chargé de lui annoncer *.
titre ciu Bienfait anonyme, pièce en trois actes, qui fut jouée àParis devant M. de Secondât, fils de Montesquieu.
Ccci est extrait des Fîtes tic Canon et de Briguebec par le Mon-nier, auteur de fables naïves, et d’une traduction de Tércnce ,mort en 1797.
* (Extrait des Mémoires littéraires du temps.)