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L E T X R E S
LETTRE XXIV.
AU MÊME.
J’ai eu l’honneur de vous mander, mon cherabbé, que, votre lettre ne me disant rien que detrès-vrai, et ne me parlant que des difficultés quevous trouveriez dans cette affaire, et d’un nombreinfini de voyages commencés , projetés , ou àachever, j’ai pris le parti d’une occasion très-fa-vorable qui s’est offerte, et qui vous délivre d’unegrande peine.
Je vous dirai que j’ai jugé à propos de retran-cher, quant à présent, le chapitre sur le stadhou-dérat ; dans les circonstances présentes, il auroitpeut-être été mal reçu en France a , et je veuxéviter toute occasion de chicane : cela n’empêcherapas que je ne vous donne dans la suite ce cha-pitre pour la traduction italienne que vous avezentreprise. Dès que mon livre sera imprimé,j'aurai soin que vous en ayez un des premiersexemplaires; et vous traduirez plus commodémentsur l’imprimé que sur le manuscrit.
a II fait voir dans ce chapitre la nécessite d’un stadhouder,comme partie intégrale de la constitution de la république. L’An-gleterre venoit de faire nommer le prince d’Orange ; ce qui neplaisoit point à la France alors en guerre , parce qu’elle profi-loit de la foiblesse du gouvernement acéphale des Hollandaispour pousser ses conquêtes en Flandre.