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LETTRES
temps cette ville étoit un séjour charmant ; etce qui fut pour moi un objet des plus agréables,fut de voir le premier ministre du grand duc surune petite chaise de bois, en casaquin et chapeaude paille devant sa porte. Heureux pays, m’é-criai je , où le premier ministre vit dans une sigrande simplicité et dans un pareil désoeuvre-ment! Vous verrez madame la marquise Ferroniet l’abbé Niccolini ; parlez-leur de moi. Em-brassez bien de ma part monseigneur Cerati àPise; et pour Turin, vous connoissez mon coeur,notre grand-prieur, MM. les marquis de Breilet de Saint-Germain. Si l’occasion se présente,vous ferez ma cour à S. A. S. Si vous écrivez àM- le comte de Cobentzel à Bruxelles , je vousprie de le remercier pour moi, et marquez-luicombien je me sens honoré par le jugement qu’ilporte sur ce qui me regarde. Quand il y aurades ministres comme lui, on pourra espérer quele goût des lettres se ranimera dans les états autri-chiens; et alors vous n’entendrez plus de ces pro-positions erronées et mal sonnantes a qui vousont scandalisé.
a Cet ami lui avoit mandé qu’il avoit été Fort choqué de deuxpropositions qu’il avoit entendues. La première étoit, qu’à l’oc-casion d’un ouvrage qu’il avoit fait imprimer, un seigneur luidit qu’il ne convenoit point à un homme de condition de se don-ner pour auteur. La seconde étoit d’un militaire du premier rang,dite à son frère, à propos des lectures assidues qu’il faisoit deslivres du métier: „ Les livres, lui fut-il dit, servent peu pour„ la guerre; je n’en ai jamais lu, et je ne suis pas moins psr-„ venu aux premiers grades. ”