I. E T T R E S
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LETTRE LIV.
AU M Ê M E.
M on cher abbé, vous devez avoir reçu la lettreque je vous ai écrite à Naples, et celle que j’adressaidepuis à Rome. Je ne sais plus en quel endroitde la terre vous êtes; mais comme une de voslettres, du i3 août 1754, est datée de Bologne,et m’annonce votre prochain retour à Paris, j’a-dresse celle-ci à Turin chez votre ami le marquisde Barol.
Je commence par vous remercier de votre sou-venir pour le vin de Roche-Maurin, vous assurantque je ferai avec la plus grande attention la com-mission de mylord Pembrolte. C’est à mes a.mis,et sur-tout à vous, qui en valez dix autres, queje dois la réputation où s’est mis mon vin dansl’Europe depuis trois ou quatre ans: à l’égard del’argent, c'est une chose dont je ne suis jamaispressé, Dieu merci. Vous ne me dites point simylord Pembroke, qui vous parle de mon vin,se souvient de ma personne: je l'ai quitté, il y adeux ans, plein d’estime et d’admiration pourses belles qualités. Vous ne me parlez point deM. de Cloire, qui étoit avec lui, et qui est unhomme de très-grand mérite, très-éclairé, etque je voudrois fort revoir. Je voudrois bien quevos affaires vous permissent de passer de Turin àBordeaux. Vous qui voyez tout, pourquoi 11e