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LETTRES
LETTRE LX.
A. M. I.’ A B B É DE G U A S C 0.
TT'out bien pesé, je ne puis encore me déter-miner à livrer rnon roman d 'Arsace a à l’impri-meur. Letriomphederamourconjug.il de l’Orientest peut-être trop éloigné de nos moeurs pourcroire qu’il seroit bien reçu en France. Je vousapporterai ce manuscrit; nous le lirons ensemble,et je le donnerai à lire à quelques amis. A l’égardde mes voyages, je vous promets que je les mettraien ordre dès que j’aurai un peu de loisir, et nousdeviserons à Paris sur la forme b que je leur don-nerai. Il y a encore trop de personnes dont jeparle, vivantes, pour publier cet ouvrage, et jene suis pas dans le système de ceux qui conseillè-rent à M. de Fontenelle de vuider le sac c avant
a Ce roman n’a pas été' imprime' depuis sa mort, et le ma-nuscrit est entre les mains de son fils M. le baron de Secondât.La saine politique dont il est rempli, perd peut-être autant àcette suppression que l’amour conjugal, qui en fait la base.
(lia été imprimé depuis dans quelques éditions in- 8° et zn-12,«î se trouve dans le vn volume de la nôtre. Note des éditeurs.')
b II hésitoit s’il réduiroit les mémoires de ses voyages enforme de lettres, ou en simple récit: prévenu par la mort, noussommes privés jusqu’ici de l’ouvrage d’un voyageur philosophequi savoit voir là où les autres 11e font que regarder.
c En l’année 1749, Fontenelle désirant de publier ses comé-dies, en fit lecture dans la société de madame de Tcncin, poursavoir s’il devoit les faire paroître. Elles furent jugées au