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Tome huitième.
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LETTRES

LETTRE L X V I I I.fragment d’ u n e lettre

A M. l’ A B B É DE G U A S C 0.

J^E n’ai pu lire votre lettre de Florence, du 8 fé-vrier , sans le plaisir le plus sensible et la plustendre reconnoissance. Je connois depuis long-temps de réputation M. l’abbé marquis Niccoliniet monseigneur Cerati ; j’en ai cent fois entenduparler à mon père dans les termes les plus affec-tueux, et qui peignoient le mieux la sympathiequi étoit entre leurs âmes et la sienne. J’acceptevos ofires a et les leurs ; elles sont trop hono-rables à la mémoire de mon père pour n’êtrepas reçues avec tout le respect et toute la ten-dresse possible. Quelques académiciens contri-bueront avec plaisir à la dépense: mais nous nepouvons pas faire beaucoup de fond sur ces se-cours ; je ne puis même vous dire à présent jus-qu’où s’étendroit leur générosité. Je ne sais si lesFrançais sont trop vains ; mais nous croyons avoir

a Cet ami lui avoit écrit que M. Cerati et l’abbé Niccolini,quoiqu’ils ne fussent point membres de l'académie de Bordeaux,vouloient s’associer à l'offre qu’il avoit déjà faite lui-même decontribuer à la dépense d’un buste en marbre de Montesquieu ,qu’il feroit exécuter en Italie par un des plus habiles sculpteurs,pour être placé dans la salle de ses assemblées ; et cela pour fa-ciliter l’effet de la délibération que l’académie avoit prise d’érigertin pareil monument, mais qui étoit arrêtée , faute de fondsdans la caisse de la dite académie.