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Tome huitième.
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L E ï TRES

LETT RE L X X V.

A TT M É M E. '

cher chevalier, vous n’avez pas dit à vosnièces à quel point celui que vous leur proposezest délabré et peu propre à remplir les grandesvues que vous avez. Je me souviens d’une piècede vers où il y avoit,

J’ai soixante ans, c'est trop peu pour vos charmes.

Sylva distoit fort bien: „ Il n’y a rien de si diffi-„ cile que de faire l’amour avec de l’esprit”; etmoi je dis qu’il est très-difficile de faire l’amouravec le coeur et avec l’esprit. Mais ceci est troprelevé pour un pauvre chasseur devant Dieu: ainsije ne vous parlerai que de notre misère, qui estextrême, et telle, qu’il me semble qu’il vautmieux s’ennuyer que de se divertir devant desmisérables. Je ne sais, ma foi, à quoi tont celaaboutira; mais je sais que tous les lendemains sontpires, et que cela vise à la dépopulation. Nousserons dépopulés , mon cher chevalier , et peut-être passerons-nous devant les autres.

Vous chassez , et je plante des arbres et jedéfriche des landes. Il faut s’amuser comme onpeut. Adieu.

De Bordeaux, le i janvier 1751.