Band 
Tome huitième.
Seite
162
JPEG-Download
 

LETTRES

162

a bien mal aux yeux; nous serons peut-être troisaveugles, vous, lui et moi. Nous renouvelleronsla danse des aveugles a pour nous consoler. Adieu,je vous embrasse de tout mon coeur.

De Bordeaux, le s; décembre i7$4.

LETTRE LXXIX.

AU M É M E.

A Tauruay.

Je n’ai rien négligé, mon cher ami, pour dé-couvrir d'où est partie la bêtise qu'on a fait courirsur votre compte: niais je n’ai réussi qu’à vérifierqu’on l’a dite, sans en déterrer la source. Je.nejurerais pas que vous ayez eu tort de la soupçonnersortie de la boutique près de l’Assomption. Quandon a un grand tort, il n’est pas étonnant qu’or.cherche à l’excuser par toutes sortes de voies.Des tracasseries on va jusqu’aux horreurs. Ma-dame Geoffrin est venue chez moi, à ce qu’ilm’a paru pour me sonder; elle n’a pas manquéde vous mettre sur le tapis d’un air moqueur:mais j’ai coupé court en lui faisant sentir combienj’étois choqué de son procédé à l’égard d'un amiqu’elle sait bien que j’aime et que j’estime. Ellea été un peu surprise: notre conversation n’a pasété longue, et je me propose bien de rompre avecelle b . Je ne la croyois pas capable de tant de

» Pièce de vers de Michaut, poète contemporain de Louis XI.(Note des éditeurs.')

-• b On sait de bonne part qu’il dit à quelqu’un qu’il étoit siindigné, qu’il ne mettroit plus les pieds chez elle ; ce qui ne