DE L’ESPRIT DES LOIS.
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„ le monde est bon pour cela ; et le despote,„ malgré sa stupidité naturelle , n’u besoin que„ d’un nom pour gouverner les hommes a . ”
C’est par cette sage distribution des pouvoirsque les politiques grecs et romains calculèrent lesdegrés de liberté des anciennes constitutions. Ilsregardèrent cet équilibre comme le chef-d’oeuvrede la législation: ils en furent même si étonnés,que j’oserois dire qu’ils n’imaginèrent le concoursdes dieux avec les hommes dans la fondation deleurs cités que pour faire l’éloge de cette espècede gouvernement. C’est dans ce point de vue queVHistoire de Polybe a été toujours regardée commele livre des philosophes, des grands capitaines etdes maîtres du monde. Ainsi notre auteur, sem-blable à Michel-Ange, qui cherchoit la bellenature dans les débris de l’antiquité , parcourt lesannales et les monumens de Rome naissante b etde Rome florissante, où il décèle des liaisons jns-qu’à présent inconnues qui "lui font voir dans leplus beau jour cette harmonie des pouvoirs quiformèrent une conciliation si admirable des diRé—rens corps; harmonie qui mérita d’être regardéecomme la source principale de la liberté politi-que de cette capitale de l’univers.
Le plaisir qu’on ressent à rapprocher l’anti-quité de nos temps modernes fait que notre auteurse plaît à chercher aussi cet équilibre des pouvoirsdans la constitution de l'Angleterre , formée et
a Liv. V, chap. XIV.
b Et veteris Romae subliment interrogat umbrain.