DE L’ESPRIT DES LOIS.
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changemens là'dessus lors de la première et dela seconde guerre punique, ils agirent avec sa-gesse ; mais qu’on n’en doit pas faire un exemplede nos jours, vu les différentes circonstances. Lamonnoie haussa et baissa à Rome, à mesure quel’or et l’argent devinrent plus ou moins rares.Ainsi les Romains, dans leurs operations sur lesmonnoies, ne firent que ce que demandoit la na-ture des choses.
Du temps de la république, on procéda parvoie de retranchement; l’état confîoit au peuplases besoins sans le séduire. Sous les empereurs onprocéda par voie d’alliage. Ces princes, réduitsau désespoir par leurs libéralités mêmes, altérè-rent la monnoie. Ces opérations violentes, pra-tiquées pendant que l’empire étoit affaissé sous unmauvais gouvernement , ne saunaient avoir lieudans ce temps-ci, où, indépendamment de lamodération et de la douceur des gouvernemensde nos jours, le change a appris à comparer toutesles monnoies du monde, et à les mettre à leurjuste valeur. Le titre des monnoies ne peut plusêtre un secret. Si un état commence le billon,tout le monde continue et le fait pour lui. Lesespèces fortes sortent d’abord, et on les lui renvoiefoibles. Ainsi ces sortes de violences ne feroientque dessécher les racines du commerce , et étein-dre le germe même de son existence. Le changeempêche les grands coups d’autorité , et rendinutiles les lois qui blesseroient la liberté de