ET LES OU r RA GES D’HEL VE TI US. 5 7inspiré chez les Spartiates, chez les Sam-nites Sc chez nos ancêtres. On voit cepen-dant dans les principes d’Heîvetius, que file libertinage régnoit chez un peuple, lesfemmes y feroient trop peu estimées, pourque le désir de leur plaire devînt un mobilepuissant, & que quand les plaisirs font com-muns ou faciles, on ne les achète ni par destravaux, ni par des dangers.
On blâme Helvetius de parler froide-ment des vertus privées, & feulement utilesà de petites sociétés. Ce n est pas qu’il nesentît l’estime qui leur est due, il les possé-doit toutes. Mais elles font moins son objetque les vertus qui contribuent au bonheur& à la gloire des nations ; Sc quand cesgrandes vertus font une fois établies par debonnes lois, les autres en deviennent lafuite nécessaire.
Ce que le commun des lecteurs a lemoins pardonné à Helvetius, c’est d’avoirprétendu que tous les hommes naissoientavec la même disposition à l’efprit, Sc qu’iln’y avoir pas d’homme que l’éducation Scle travail ne pustent élever au rang de génie.