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Tome premier.
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111 DE Z ’ E S P R I T.

férentes que font íur nous les objets extérieurs : onla nomme sensibilité physique.

L’autre est la faculté de conserver rimprestîon queces objets ont faite fur nous : on l’appc-lle mémoire ;Sc la mémoire n'est autre choie qu'une sensation con-tinuée , mais affoiblie.

Ces facultés , que je regarde comme les causesproductrices de nos pensées, & qui nous íont com-munes avec les animaux, ne nous fourniraient cepen-dant qu’un très-petit nombre d’idées, ft elles n’étoientjointes en nous à une certaine organisation extérieure,» Si la nature, au lieu de mains & de doigts flexibles,eût terminé nos poignets par un pied de cheval, quidoute que les hommes fans arts , fans habitations ,fans défense contre les animaux, tout occupés du foinde pourvoir à leur nourriture , & d’éviter les bêtesféroces, ne fuflent encore errans dans les forêts commedes troupeaux fugitifs (i) ì

(i) On a beaucoup écrit fur famé des bêtes; on leur atour-à-tour ôté & rendu la faculté de penser, & peut-être n’a-t-on pas aífez scrupuleusement cherché, dans ladifférence du physique de f homme & de l’animal, la causede l’infériorité de ce qu J on appelle l’ame des animaux.

i°. Toutes les pattes des animaux font terminées ou parde la corne, comme dans le bœuf & le cerf, ou par desongles, comme dans le chien & le loup , ou par desgriffes, comme dans le lion & le chat. Or, cette diffé-rence d’organilauon, entre nos mains Sc les pattes aesanimaux, les prive non-seulement, comme le dit M- deBuffon, presque en entier du sens du tact, mais encore