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do perfection où maintenant elle est parvenue. IIn’est aucune nation qui, en sait d’esprit , ne fûtrestée fort inférieure à certaines nations sauvages quin’onr pas deux cents idées (i), deux cents mots pour
que les tigres , les lions , &c, ; c’est qu’enfin la dispositionorganique de leur corps les tenant, comme les enfans ,dans un mouvement perpétuel, même après que leursbesoins font satisfaits, les singes ne font pas susceptiblesde Y ennui, qu’on doit regarder, ainsi que je le prouveraidans le troisième Discours, comme un des principes dela perfectibilité de l’esprit humain.
C’est en combinant toutes ces différences, dans le phy-sique de b homme & de la bête, qu’on peut expliquerpourquoi la sensibilité & la mémoire , facultés communesaux hommes & aux animaux , ne font, pour ainsi dire,dans ces derniers que des facultés stériles.
Peut-être m’objectera-t-on que Dieu , fans injustice ,ne peut avoir soumis à la douleur & à la mort des créa-tures innocentes, & qu’ainsi les bêtes ne font que de puresmachines : je répondrai à cette objection, que récriture& l'église n’apant dit nulle part que les animaux fussentde pures machines, nous pouvons fort bien ignorer lesmotifs de la conduite de Dieu envers les animaux , & sup-poser ces motifs justes. II n’est pas nécessaire d’avoir re-cours au bon mot du P. Mallebranche , qui, lorsqu’on luisoutenoit que les animaux étoient sensibles à la douleur ,xépondoit en plaisantant, qu’ apparemment ils avoient mangédu fruit défendu.
(i) T,es idées des nombres, si simples , si faciles à ac-quérir, &: vers lesquelles le besoin nous porte fans cesse,font si prodigieusement bornées dans certaines nations ,qu’on en trouve qui ne peuvent compter que jusqu’à trois,& qui n’expriment les nombres qui vont au-delà de troisque par le mot beaucoup.