DE L’ E S P R I T.
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CHAPITRE XI.
Dc la Probité par rapport au public.
Ce n’est plus de la probité par rapport à un particu-lier ou une petite société, mais de la vraie probité,de la probité considérée par rapport au public, dontil s agit dans ce chapitre. Cette espèce de probité estla seule qui réellement en mérite & qui en obtiennegénéralement le nom. Ce n’est qu’en considérant laprobité sous ce point de vue, qu’on peut se formerdes idées nettes de l’honnéteté, & trouver un guideà la vertu.
Or, fous cet aspect, je dis que le public, commeles sociétés particulières,est, dans ses jugemens, uni-quement déterminé par le motif de son intérêt; qu’ilne donne le nom d’bonnêtes, de grandes ou d hé-roïques , qu’aux actions qui lui font utiles, & qu’ilne proportionne peint son estime pour telle ou telleaction sur le degré de force, de courage ou de géné-rosité, nécessaire pour 1 exécuter; mais fur l’impor-tar.ce même de cette action & l’avantage qu’il en retire.
En effet, qu’encouragé par la présence d’une armée,un homme se batte seul contre trois hommes blessés;cette action, fans doute estimable, n’est cependantqu’une action dont mille de nos grenadiers four ca-pables, & pour laquelle ils ne seroient jamais cités
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