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Tome premier.
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261
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DE L’ E S P R I T.

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CHAPITRE XII.

C c l’Fsprit _, par rapport au public.

P fpi.iquons à l’efpritcc que j’ai ditde la probité:l'cn verra que, toujours le même dans íes jugemcns,le public ne prend jamais conseil que de ion intérêt ;qu’il ne proportionne point ícn estime pour les diífc-rens genres d’efprit à l'inégale difficulté de ces genres,c’est-à-dire, au nombre 5c b. la fineíse des idées nécès-laires peur y ré u ib r, niais feulement 2 1 avantage plusou moins grand qu’ii en retire.

Qu’un général ignorant gagne trois batailles fur ungénéral c-ncore plus ignorant que lui, il íera, d u moinspendant fa vie, ré vêt u d’une gloire qu on n’accorderapas au plus grand peintre du monde. Ce dernier n’acependant mérité le titre de grand peintre, que parune grande supériorité sur des hommes habiles, &qu’en excellant dans un art, íans doute moins néces-saire, mais peut-être plus difficile que celui de laguerre. Je dis plus diíHciie > parce qu’à l’ouvertnre deHistoire, on voir une infinité d hommes, reis que lesEpaminondas, les I.uculius, les Alexandre , les Ma-homet , les Spinola, les Crcmv/ell, les Charles XII,obtenir la réputation de grands capitaines le jour mêmequ’ils ont commandé & battu des armées. & qu’aucurtpeintre, quelque heureule diípoíîtion qu’il aie reçue

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