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pie : c’est pour les obtenir qu’on fait les plus grandsefforts. Auílì les hommes illustres ne croiflent-ils quedans les pays où les honneurs & les richesses sent leprix des grands talens v auffi les pays despotiques íont-ils, par la raison contraire, toujours stériles en grands-hommes. Sur quoi j observerai que for est maintenantd un si grand prix aux yeux de toutes les nations, que,dans des gouvernemens infiniment plus sages & pluséclairés, la possession de sor est presque toujours re-gardée comme le premier mérite. Que de gens riches,enorgueillis par les hommages universels , le croientsupérieurs (i) à l’homme de talent, se félicitent, d’unton íuperbement modeste, «savoir préféré futile àl’agréable, & d avoir, au défaut d’esprit, fait, disent-iis , emplette de bon sens, qui, dans la significationqu’ils attachent à ce mot, est le vrai, le bon & lesuprême esprit ! De telles gens doivent toujours pren-dre les philosophes pour des spéculateurs visionnaires,
(i) Séduits par leur propre vanité & les éloges de milleflatteurs, les plus médiocres d’entre eux se croient, dumoins, fort au-dessus de quiconque n’esi pas supérieur enson genre. Ils ne sentent pas qu’il eu est des gens d'esvrircomme des coureurs : Un tel, «disent-ils entre eux, necourt pas. Cependant, ce n'est ni l'impotent, ni l’hommeordinaire qui l’atteindront à la course.
Si l’on se tait sur la médiocrité d’esprit de la plupart deces gens si vains de leurs richesses, c’est qu’on ne songepas même à les citer. Le silence, fur notre compte, esttoujours un mauvais signe ; c’est qu’on n’a point à se vengerde notre supériorité. Ou dit peu de mal de ceux qui neiméritent pas d eloge.
Tome L
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