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Tome premier.
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D E L' E S P R 1 T. 371

pour une nation est toujours un mépris injuste? quec’est de la forme plus ou moins heureuse des gouver-nemens que dépend la supériorité d’un peuple fur unautre ? & qu’enfin ce Turc peur lui faire la mêmeréponse qu’un Perse fit à un soldat Lacédémonien, quilui reprocboit la lâcheté de ía nation : Pourquoi m'in-sulter ? lui difoit-il ; tache qu’il n’est plus de nationpar-rout où l’on reconnoit un maître absolu. Un roiest famé universelle d’un état ddpotique ; c’est soncourage ou ía íoibleíîe qui fait languir ou qui vivifiecet empire. Vainqueurs íous Cyrus, ír nous sommesvaincus fous Xercès, c’est que Cyrus eut à fonder letrône où Xercès s est afùs en naissant ; c’est que Cyruseut, cn naissant, des égaux ; c’est que Xercès fut tou-jours environné d’elclaves: Sc les plus vils, tu lésais,habitent les palais des rois. C’est donc la lie de la na-tion que tu vois aux premiers postes ; c’est l’écumedes mers qui s’est élevée íur leur iurface. Reconnoisl'injustice de tes mépris. Et fr tu en doutes, donne-nous les loix de 8pat te , prends Xercès pour maître ;ut íeras le lâche, & moi le héros.

llappelons-nous le moment où le cri de la guerreavoir réveillé toutes les nations de l’Europe , où sontonnerre fe faiíoit entendre du nord au midi de laFrance (i) : supposons qu’en ce moment un républi-cain , encore tout échauffé de l’eíprit de citoyen,arrive à Paris , Sc fe préiènte dans la bonne com-

(1) Dans la dernière guerre, lorsque les ennemis en-trèrent en Provence.

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