PRÉFACE. 9
compatriotes. Mais dans le temps employéà la composition de l’ouvrage, les maux &cle gouvernement de mes concitoyens ontchangé. La maladie à laquelle je croyoispouvoir apporter quelque remède, est de-venue incurable : j’ai perdu l’espoir de leurêtre utile, & c’est à ma mort que je remetsla publication de ce livre.
Ma patrie a reçu enfin le joug du despo-tisme ; elle ne produira donc plus d'écri-vains célèbres. Le propre du despotisme estd’étoufrer la pensée dans les esprits &: lavertu dans les âmes.
Ce n’est plus fous le nom de Françoisque ce peuple pourra de nouveau se rendrecélèbre : cette (*) nation avilie est aujour-d’hui le mépris de l’Europe. Nulle crise sa-lutaire ne lui rendra la liberté ; c’est par la
(*) Il faut faire attention que l’âuteur écrivoit cettepréface un an avant sa mort, dans Tépoque de beaucoupde char.gemens dans la monarchie.