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Tome troisième.
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tresses. Or , c’est da hasard qu’il tient son état d’o-pulence ou de pauvreté : le hasard préside au choixde ses sociétés ( i o), de ses amis, de ses lectures & deses maîtresses. II nomme donc la plupart de ses insti-tuteurs. De plus, c’est le hasard qui, le plaçant danstelles ou telles positions , allume , éteint ou modifieses goûts & ses passions, & qui par conséquent a laplus grande part à la formation même de son carac-tère. Le caractère est dans l’homme l’effet immédiatde ses passions, & ses passions souvent l’effet immédiatdes situations où il te trouve.

Les caractères les plus tranchés font quelquefois leproduit d’une infinité de petits accidens. C’est d uneinfinité de fils de chanvre que se composent les plusgros cables (i-t). II n’est point de changement que lehasard ne puisse occasionner dans le caractère d’unhomme. Mais pourquoi ces changemens s’opèrent-ils presque toujours à son inlu ? c’est que pour lesappercevoir , il faudroit qu’il portât fur lui - mêmel’ceil le plus sévère & le plus observateur. Or, leplaisir, la frivolité, l’ambition , la pauvreté , &c. ledétournent également de cette observation. Tout ledistrait de lui - même. On a d’ailleurs tant de respectpour soi, tant de vénération pour sa conduite ; on laregarde comme le produit de réflexions si sages & si

s’éclaire ; c’est, me disoit un jour un auteur célèbre , audésir que j’eus toujours de m’entretenir avec de telshommes , que je dois mes faibles talens.

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