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Tome troisième.
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94 . D E L* H O M M E.

honte de leur protecteur. Une faveur bannale accordée àces écrivains médiocres & vils, qui s'introduisent par bas-sesse dans la familiarité d’un grand, n’est pas une preuvede son amour pour les lettres. J’ai vu des gens en places’annoncer comme des protecteurs des savans , & s'installer ■en cette qualité grand-maître de iordre des lettrés. Leursbienfaits, trop souvent prodigués à la médiocrité, étoientplus nuisibles aux sciences que ne Feíìt été leur indiffé-rence. Des récompenses mal placées découragent les vraistalens. En.vain díra-t-on que le mérite littéraire ne peutêtre connu des gens en place , qui Faiment & le recher-chent ; le public instruit leur indiquera toujours Fhommequ'ils doivent honorer de leur faveur. Le mérite ne souffrepoint, & if est point incognito exposé ou sur la paille dela misère, ou fous le eoûteau de la superstition. Les grands,toujours à portée de le secourir, peuvent donc toujoursprétendre à Festime & à la reconnoissance de la partie dugenre humain la plus savante & la plus éclairée.

19. Douze ou quinze millions saisis en Espagne fur deuxprocureurs jésuites du Paraguai, prouvent qu'en prêchantle détachement des richesses , les jésuites ssont jamais étédupes de leurs sermons.

20. De tous les contes, les plus ridicules font ceuxque les moines font de leurs fondateurs. Ils disent, parexemple, -» qu'à la vue d une biche poursuivie par des-- loups , saint Lomer leur ordonna de s'arrêter, ce qu'ils-- firent incontinent; que saint Florent, faute de berger,»- ordonna à un ours qu'il rencontra, de mener paître ses-- brebis , & que Fours les menoit paître tous les jours ;-- que siirt François saluoit les oiseaux, leur parloir, leur*> faifoit commandement d’ouïr la parole de Dieu, les-» quels oi'eaux entendant parler saint François, se ré-» jouissaient d une façon merveilleuse, allongeant le col,*» 8c entrouvrant le bec ; que ce même saint François passa