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lité ou elle étoit dans le germe de l’homme.La penséen est donc pas absolument nécessaire à l’existence del’ame. L’ame n’est donc en nous que la faculté de sen-tir, & c’est la raison pour laquelle, comme le prouveLocke & I’expérience, toutes nos idées nous viennentpar nos sens.
C est à ma mémoire que je dois mes idées compa-rées Sc mes jugemens, & à mon ame que je dois messensations : ce font donc proprement ( a ) mes sensa-tions , Sc non mes pensées, comme le prétend Des-carres, qui me prouvent 1 existence de mon ame. Maisqu’est- ce en nous que la faculté de sentir ì Est-elle im-mortelle & immatérielle ì La raison humaine l’ignore ,Sc la révélation nous l’apprend. Peut-être m’objectera-t - on que íì l ame n’est autre chose que la faculté desentir, son action, comme celle du corps frappant unautre corps, est toujours nécessitée, Sc que l’ame ence sens doit être regardée comme purement pastïve.Aussi Mallebranche l’a-t-il cru telle (b) , Sc son sys-
(a) M. Marion, régent de philosophie au collège deNavarre, & plusieurs professeurs à son exemple, ont sou-tenu que toutes les opérations de l’esprit s’expliquoientpar le seul mouvement des esprits animaux & les tracesimprimées dans la mémoire. D’oiì il fuit que les espritsanimaux, mis en mouvement par les objets extérieurs,pourroient produire en nous des idées indépendammentde ce qu'on appelle l’ame. L’esprit, selon ces professeurs,est donc très-distinct de l’ame.
(£) Selon Mallebranche , ç’est Dieu qui se manifeste à
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